récent revirement d'attitude des armateurs au commerce vis-à-vis du statut du marin et de la réglementation rigide de l'emploi qui lui est liée.

- En second lieu, on a pu constater que, dans le sec teur de la pêche maritime cette fois, les bouleversements techniques du premier après-guerre (motorisation de la pêche arti sanale, développement généralisé du chalutage, usage de plus en plus répandu de la réfrigération), conjugués aux effets de la crise mondiale, entraînèrent à l'époque des conséquences économiques graves se traduisant par la disparition d'entrepri ses, la diminution du nombre des petits ports, un mouvement de concentration, un chômage important. C'est pour faire face à une telle situation, freiner l'évolution en cours, préserver l'ancien statu quo, c'est-à-dire les intérêts des tenants d'a lors du pouvoir économique - petits et moyens capitalistes et l'emploi de nombreux pêcheurs, que l'équipe d'obédience ca tholique du Secrétariat Social Maritime va, en prenant appui sur la réalité institutionnelle et l'idéologie des Gens de Mer et en s'inspirant de l'enseignement social de l'Église romaine, définir et mettre en oeuvre la doctrine corporative interpro fessionnelle. Cette doctrine - "informée" en profondeur par la pratique de la rémunération à la part (mêmes représentations mentales d'intérêts communs) - et les institutions qu'elle sus citera (comités de pêche tout spécialement) apparaîtront dans les faits comme l'expression d'un compromis nécessaire entre deux modes de production différents, l'un dominant et l'autre dominé, à un moment donné de l'histoire nationale des pêches maritimes ; elles se révéleront à l'usage, comme il était pré visible, aussi bien à l'origine que durant leur fonctionnement

LES INSTITUTIONS DE LA PECHE MARITIME - HISTOIRE ET EVOLUTION - p.396