important employant de nombreux effectifs (conséquence du régime de l'Inscription maritime), ne fournissaient guère l'instrument de maîtrise d'une telle situation. Sans doute le phéno­mène de concentration et d'intégration économiques dont on vient de faire mention fit-il son apparition en France égale­ment (87), mais il ne se développa, notamment à Boulogne, Lorient, La Rochelle, que dans des proportions beaucoup plus modestes que dans les deux pays industriels cités plus haut ; par contre, la chute des cours, provoquée par une production anarchique et la concurrence étrangère, fut brutale et la baisse concomitante des gains, notamment à la grande pêche et à la pêche côtière, souvent spectaculaire (88) ; le sous-emploi, plus ou moins chronique, et le chômage se développèrent rapidement : alors qu'on comptait approximativement 830000 inscrits à la pêche en 1929, des estimations dignes de foi évaluaient,en 1932, les effectifs de ce secteur entre 70 et 75.000 (dont 53.000 pêcheurs côtiers comprenant 30.000 Bretons) (89). C'est précisément cette situation économique et sociale très difficile qu'il convient d'avoir présente à l'esprit car c'est elle qui, avec la rémunération à la part et la fiction de la participation entretenue par cette forme de rétribution, a fourni la base objective d'émergence de l'idéologie de l'interprofession.

C'est en effet, comme l'observation en e été faite antérieurement, parce qu''il y avait dans le secteur des pêches maritimes crise grave, imputable tout à la fois à des bouleversements techniques spécifiques et à la récession économique mondiale, que le R.P. Lebret et ses amis ont éprouvé le besoin de définir, en s'appuyant sur le corporatisme des inscrits

LES INSTITUTIONS DE LA PECHE MARITIME - HISTOIRE ET EVOLUTION - p.371