soit par le biais de la propriété des bateaux, soit plus encore par celui des apports de capitaux et de la gérance "en association" avec le maître. Il semble donc en définitive, si cette interprétation des faits est exacte, qu'un double mouvement se dessine au XVIIIe siècle : d'une part, la bourgeoisie consolide et étend son pouvoir dans le secteur de la pêche, mais elle le fait surtout par le biais de ses "classes moyennes", des "marchands" ; d'autre part, on assiste pour des raisons économiques et politiques à un désintérêt relatif des grands bourgeois - négociants financiers - pour la grande pêche.
En ce sens, les structures économiques qui se mettent en place annoncent celles du XIXe et même du Me siècle jusqu'aux années récentes. Ce n'est en effet que depuis vingt ans, que les "négociants" d'aujourd'hui - les grandes firmes internationales, les groupes bancaires - cherchent à contrôler la pêche industrielle par le biais d'investissements dans les circuits de distribution et parfois dans les structures de production (54). Jusqu'alors les capitaux "familiaux", ceux en provenance de la "moyenne" bourgeoisie (par le biais des sociétés de quirats), des fournisseurs (associations en participations) étaient largement majoritaires. Envisagé sous cet angle de l'origine sociale du capital investi, le XVIIIe siècle semble avoir été dans ce secteur économique de la pêche, comme dans beaucoup d'autres, un siècle charnière.