barils de sel,etc. Déjà en 1664, à la pêche au hareng, un inventaire des vaisseaux "mentionne, à Dieppe, plusieurs exemples de bourgeois qui gèrent, en collaboration avec le maître propriétaire, des bateaux de petit tonnage" (48). Cette évolution, qui révèle au passage la précarité du statut du maître, va se poursuivre et s'accélérer au siècle suivant. A la pêche lointaine, "l'hôte" bourgeois sera souvent propriétaire du navire et recevra - en contrepartie des capitaux investis - des parts de pêche : à Dieppe,au XVIIe et XVIIIe siècle, il touchera six parts auxquelles s'ajouteront celles obtenues pour les filets fournis : en tout, treize parts de matelots... (49), Souvent, à la petite pêche, il sera en même temps que l'apporteur de capitaux le vendeur du produit ; à la pêche lointaine, hareng ou morue, il aura également, le plus souvent, prise sur le marché.
Ces dernières remarques appellent cependant une précision importante quant au sens à donner, en ces différents cas, au terme bourgeois. Les auteurs de "l'Histoire économique et sociale de la France" (50), en distinguent schématiquement trois grandes catégories au XVIIIe siècle (51) : les "marchands", les "industriels" qui commencent à faire leur apparition, les "financiers". La première catégorie recouvre en fait une masse très hétérogène, se décomposant grossièrement en "petits marchands" : marchands ruraux, boutiquiers des villes et des bourgs, etc. ; en "marchands" : commerçants "moyens", "agissant plutôt à l'échelle du marché intérieur, hommes des circuits nationaux, des grandes foires du royaume" ; en "négociants" : hommes du grand commerce international. Entre les deux derniers groupes, les interférences sont nombreuses, les