Situation éminemment confortable qui se perpétuera longtemps, à la pêche côtière en particulier. D'une façon générale, l'indigence qui paralyse le développement des pêches livre sans défense les pêcheurs "aux exigences des bailleurs de fonds, sans compter les exactions seigneuriales". Le Masson du Parc note aussi une désaffection des armateurs pour la grande pêche ils lui préfèrent "le commerce des îles" - et des matelots, qui trouvent le métier trop dur.

Il serait intéressant de savoir dans quelle mesure les exactions seigneuriales concernant les pêcheurs ont augmenté ou diminué au cours des siècles. On a vu qu'au Moyen Âge, les droits étaient nombreux, mais les communautés de pêcheurs semblaient jouir dans certains cas et suivant les lieux de privilèges non négligeables, pour des raisons diverses, politique et économique. N'y a-t-il pas eu aggravation de ces droits seigneuriaux à partir du XVIe ? Les situations locales et régionales étant très différentes les unes des autres, une réponse circonstanciée nécessiterait des recherches préalables nombreuses et diversifiées. A notre connaissance, la question reste donc aujourd'hui sans réponse.

Par contre, l'influence de plus en plus grande de la bourgeoisie dans le secteur de la pêche, par le biais des capitaux engagés, ne fait guère de doute. Cette influence existait déjà au Moyen Âge, certes, mais elle va prendre maintenant, compte tenu du coût de construction et d'entretien des bateaux, une importance décisive. Le patron, même s'il est propriétaire, va être obligé de recourir au "bourgeois" pour lui emprunter l'argent nécessaire à la mise en état du bateau, à l'achat de

LES INSTITUTIONS DE LA PECHE MARITIME - HISTOIRE ET EVOLUTION - p.206