les textes des conventions collectives illustrent également l'état de dépendance dans lequel vivent certains marins-pêcheur qui acceptent, dans la liste des frais communs, l'inclusion de détails tels que le remplacement des ampoules électriques, des chiffons, des ustensiles de cuisine, des paniers à poissons etc. (Extraits de la Convention Collective des chalutiers à la part de Lorient, Etel, Port-Louis, art. 10 ; de la Conven­tion Collective de Douarnenez, art. 15).

Dans cette même ligne de comportement, on peut également signaler, à la petite pêche artisanale, l'absence de contrat d'engagement écrit pour les matelots et le caractère sommaire de la comptabilité des entreprises, qui ouvrent la voie à d'importants abus dont il résulte, de l'aveu même de certains administrateurs des Affaires Maritimes, que des matelots soient "scandaleusement" exploités (16). De même, à la pêche semi-industrielle, une présentation plus "savante" des comptes à l'équipage, l'absence de contacts (17) entre gérants d'armement et marins, facilitent parfois la mise en oeuvre d'opérations d'un caractère douteux. C'est ainsi que nombre d'employeurs, à Concarneau, Lorient, Etel et Douarnenez notamment, ont réussi à modifier progressivement en leur faveur au cours des années récentes les pourcentages de répartition du produit de la pêche, à l'occasion de l'arrivée de chaque bateau nouveau, plus grand, plus cher ou mieux équipé que les précédents. Quant aux gérants d'armement des sociétés de quirats, du fait de leur situation charnière, ils ont souvent la possibilité - dont ils ont usé dans le passé à maintes reprises - de faire échapper au partage commun une partie du produit de l'expédition de pêche. La vente directe hors criée a été ainsi génératrice de nombreux abus (18). Finalement, chacun pouvant être inventif en matière "d'astuces" de répartition,

LES INSTITUTIONS DE LA PECHE MARITIME - HISTOIRE ET EVOLUTION - p.284