cédentes, en effet, ont mis en valeur l'importance de facteurs contingents dans la création des règles aujourd'hui en vigueur ; ainsi en est-il de la limitaion du contrat de travail à l'embarquement sur un navire déterminé, des formes d'embauchage, des modes de rémunération, des modalités de licenciement ; quant au Régime disciplinaire et pénal, la longue lutte entre la tendance unificatrice et la tendance particulariste dont nous avons fait mention plus haut, l'archaïsme de certaines de ses dispositions, la place accordée à l'Administration des Affaires Maritimes sont autant de preuves de l'influence déterminante des traditions nationales dans le maintien du dispositif actuel. En d'autres termes, s'il est vrai qu'il existe un particularisme du droit maritime découlant des nécessités de la vie en mer, ce particularisme s'enracine toujours dans une histoire ; la France non seulement ne fait pas exception à cette règle, mais en l'occurrence son passé institutionnel et juridique est si riche et original que, dans le cas présent, le "fait culturel" semble l'emporter dans ses implications pratiques sur les données objectives de base, le "fait naturel". Appliqués en effet au Code du Travail et au Régime disciplinaire et pénapénal, lesératifs de la navigation et de la conduite du navire n'expliquent que partiellement le particularisme du droit. A fortiori, ces mêmes impératifs n'expliquent plus en rien - ou si peu - les caractéristiques juridiques spécifiques du statut du marin. En réalité, on est ici en face d'une création originale où le particularisme du droit est né de conditions historiques déterminées.
LES INSTITUTIONS DE LA PECHE MARITIME - HISTOIRE ET EVOLUTION - p.90