- Ce modèle ne met pas en oeuvre une théorie du "reflet".
Cette théorie dérive de la notion hégélienne de la totalité sociale à l'intérieur de laquelle les diverses parties s'expriment réciproquement, pénétrées qu'elles sont d'un même "esprit". Hégel détermine ainsi un certain hombre de totalités qui s'engendrent et se succèdent au cours de l'Histoire : la Home stoïcienne, le Christianisme médiéval,etc., autant d'essences unitaires dans lesquelles le religieux, le juridique, traduisent l'économique et vice versa. On trouve aujourd'hui, dans la théorie des "patterns" culturels,un échantillon de la version contemporaine de cette tradition hégélienne toujours vivante. Or le matérialisme historique lui-même a pu apparaître parfois (16) comme une version appauvrie de cet Univers, qui ramènerait le reflet à un sens unique et le réduirait ainsi à une causalité mécanique linéaire, s'exerçant de la "base" sur la "superstructure". Les explications déjà fournies indiquent clairement que ce n'est pas de cette façon qu'on concevra le modèle utilisé : chaque sphère au contraire exere son effet propre au sein des autres sphères. Althusser, dans son étude "Contradiction et surdétermination" (17),a d'ailleurs montré ce qui distingue une telle théorie aussi bien de celle du "reflet" que de celle de la totalité unitaire de Hégel : une contradiction sociale ne se "détermine" pas dans la "base" pour se "refléter" dans les superstructures, mais elle est toujours "surdéterminée", c'est-à-dire déterminée à différents niveaux possédant chacun son autonomie propre. Il en résulte que, comme on l'a précédemment indiqué, - le modèle proposé définit donc une structure complexe à dominante (18).