- que le formalisme des assemblées générales (38) est règle courante et qu'il en résulte une participation effective très faibles ,

on mesure mieux,dans ce contexte général, pourquoi ces institutions de la Mutualité, si elles demeurent sentimentalement chères au coeur des marins-pêcheurs - peut-être du fait de la symbolique originelle de solidarité qu'elles véhiculent encore en eux - échappent objectivement en grande partie à leur responsabilité et initiative.

Il est donc apparu au cours des développements qui précèdent que l'Institution du Crédit Maritime Mutuel - institution très spécifique tant par son champ d'application que par la qualité requise de ses sociétaires est née tout à la fois de besoins financiers accrus des pécheurs artisans, du fait de l'élévation du coût des investissements, et de leur désir de se libérer de l'emprise, souvent oppressive, des bailleurs de fonds privés : fournisseurs d'avitaillement, et plus tard de gazoil, associés en participation... Compte tenu des moyens financiers à mettre en oeuvre, cette institution ne pouvait se développer et s'organiser au plan national et régional qu'avec l'aide morale et matérielle de l'État, ce que la loi fondamentale du 4 décembre 1913 et un décret du 12 avril 1914 devaient officiellement entériner. Des fonds publics étant engagés, il était légitime et conforme à la règle générale qu'un contrôle strict de l'usage de ces fonds fût institué, d'autant que, sous la pres-
LES INSTITUTIONS DE LA PECHE MARITIME - HISTOIRE ET EVOLUTION - p.127