sion de l'évolution économique, le montant des prêts de l'Etat consentis devait s'élever au fil des années dans des proportions importantes. Cela étant, on peut toutefois s'interroger sur l'opportunité des modalités très nombreuses de ce contrôle et,dans le cas précis de celui d'ordre administratif, sur son efficacité pratique réelle - contestable dans son fonctionnement actuel - en même temps que sur ses incidences psychologiques sur les sociétaires. N'a-t-il pas contribué, comme le laissait entendre le haut fonctionnaire précédemment cité, à émousser le sens des responsabilités chez les pêcheurs membres de ces institutions de la Mutualité, dans la mesure où non seulement contrôle et action pouvaient leur apparaître étroitement mêlés, mais où de surcroît ils cotoyaient dans les différentes instances de ces organismes du Crédit Maritime Mutuel - qui auraient dû par essence être placés sous leur responsabilité effective - les mêmes hommes - administrateurs des Affaires Maritimes, inspecteurs du Crédit Maritime, eux-mêmes le plus souvent anciens administrateurs... - auxquels ils étaient accoutumés d'obéir dans leur vie professionnelle. A titre de comparaison, il est intéressant de noter au passage que dans le secteur agricole les coopératives sont soumises à un contrôle administratif beaucoup moins formel, puisqu'elles sont uniquement tenues de fournir annuellement - hormis le cas de vérifications à la suite de demande ou réclamation - leurs comptes au ministère de l'Agriculture et que ces comptes ne font pas l'objet d'une vérification systématique. On peut donc considérer, à juste titre semble-t-il, que dans le cas des coopératives maritimes et plus généralement du Crédit Maritime Mutuel dans son ensemble, l'emprise de l'administration des Affaires Maritimes s'est concrétisée une fois encore dans les formes qui sont traditionnellement les siennes, très originales, d'essence paternaliste