l'Institution du Crédit Maritime Mutuel, ait pu écrire récemment, à la suite d'une minutieuse enquête, que "le contrôle entrave l'initiative des administrateurs de sociétés et retarde leurs décisions. Il est incompatible avec les exigences de la gestion industrielle et commerciale.

"La participation des contrôleurs (inspecteurs du Crédit Maritime Mutuel, administrateurs des Affaires Maritimes, inspecteurs de la Caisse Centrale de Crédit Coopératif) aux assemblées d'organismes ou réunions de conseils d'administration crée une confusion entre action et contrôle ; elle peut affaiblir, chez les membres et administrateurs de sociétés, le sens de la responsabilité" (33). De cette situation, il faudrait également rapprocher l'évolution similaire, à laquelle il a été fait allusion plus haut, relative à la procé­dure de nomination des directeurs des Caisses Régionales et des coopératives ; cette procédure n'a cessé en effet depuis quarante ans de restreindre au profit des autorités de tutelle, administrative et financière, le pouvoirs en la matière des Conseils d'administration au point, dans le cas des Caisses Régionales, de les rendre presque sans effet... (34).

Si l'on ajoute à ces différentes données

- que, depuis 1958, les sociétaires ne sont engagés que dans la limite des parts souscrites par eux (35), ce qui est juridiquement logique, puisqu'il s'agit de sociétés par actions, mais dangereux dans la mesure où les parts demandées et effectivement versées étant très faibles (36), les risques financiers courus sont minimes et de ce fait l'engagement moral des intéressés souvent superficiel (37) ;

LES INSTITUTIONS DE LA PECHE MARITIME - HISTOIRE ET EVOLUTION - p.126