sorte, pour la période des années trente, pourraient être multipliés (30) ; plus récemment, en 1958, une circulaire fait obligation aux Caisses Régionales de convoquer l'administrateur de l'Inscription maritime et l'inspecteur du Crédit Maritime Mutuel (31) aux réunions du Comité d'Escompte : en effet, l'usage s'était introduit dans certaines sociétés de faire déléguer par le conseil d'administration à ce Comité le soin d'administrer la Caisse, toutes les opérations se faisant "hors de la présence des représentants de l'Administration, de telle sorte que le contrôle réglementaire ne pouvait s'exercer". Cependant, il serait erroné d'attribuer valeur universelle à ces petits signes de réticence, manifestés suivant les cas par les sociétaires des coopératives ou des Caisses Régionales - ou par quelques-uns de leurs dirigeants élus - vis-à-vis des pouvoirs tutélaires de l'Administration ou des Institutions de Crédit ; bien au contraire, c'est à un amenuisement progressif, aujourd'hui quasi total, des marges d'initiative non seulement des sociétaires, mais plus encore des Conseils d'administration devant le directeur et les différents contrôleurs - administratif et extra-administratif (Caisses Régionales et de nos jours Caisse Centrale de Crédit Coopératif) - que l'on a assisté depuis quarante ans (32). Il semble d'ailleurs que cette évolution, aboutissant en fait à priver les intéressés de tout pouvoir réel de décision, ait été facilitée par la mise en oeuvre de cette tutelle administrative souvent formelle certes, mais d'autant plus tatilonne et pesante par son omniprésence même. On comprend dans ces conditions qu'un haut fonctionnaire des Services Extérieurs de la Marine Marchande, s'interrogeant sur le devenir de

LES INSTITUTIONS DE LA PECHE MARITIME - HISTOIRE ET EVOLUTION - p.125