confusion devait être dans une certaine mesure accrue par la source unique - ou presque telle - de recrutement des inspecteurs : choisis dans leur très grande majorité parmi les administrateurs des Affaires Maritimes en retraite de grade supérieur, leurs rapports avec leurs collègues plus jeunes en activité, parfois leurs anciens subordonnés directs, ne pouvaient qu'être psychologiquement complexes et parfois malaisés.
A cette première difficulté, il faut en ajouter une seconde relative cette fois à l'efficacité pratique douteuse, révélée par l'expérience, de ces contrôles administratifs. En effet, très souvent, aussi bien les administrateurs des Affaires Maritimes que les inspecteurs du Crédit Maritime Mutuel n'exercent leurs prérogatives dans les sociétés que d'une manière toute formelle, abandonnant en fait la réalité des vérifications aux Caisses Régionales et depuis 1948 (27), à la Caisse Centrale de Crédit Coopératif. La raison de cet état de choses doit être recherchée tout à la fois dans le défaut de formation et de compétence financières de beaucoup d'inspecteurs et d'administrateurs des Affaires Maritimes et l'absence de distinction claire établie entre les contrôles à finalité économique, tendant à une utilisation rationnelle des fonds de l'Etat en fonction d'objectifs préalablement choisis et les contrôles financiers et bancaires visant à assurer la recouvrabilité des prêts et une saine gestion. Il résulte de cette situation mal définie, non seulement une confusion supplémentaire quant à l'objet des différents contrôles externes, mais bien souvent une tendance des inspecteurs et parfois des administrateurs des Affaires Maritimes à com-