qui seront sensibles à cette réglementation très favorable, surtout à partir des années cinquante. L'explication fiscale, si importante qu'elle soit, doit donc être limitée à la fois à ces catégories sociales et à la période du second après-guerre ; mais elle ne rend compte que très imparfaitement du fait que depuis longtemps, surtout depuis le début de ce siècle, petits et moyens épargnants des régions côtières,et même de "l'hinterland" comme en Bretagne, ont "placé de l'argent à la pêche". C'est ici qu'une quatrième raison intervient.
Si fournisseurs, négociants, et de façon générale notables de ces régions ont investi dans les activités halieutiques, et plus spécialement dans les sociétés de quirataires, n'est-ce pas tout simplement pour des raisons à la fois culturelles et économiques. Culturelles dans la mesure où vivant à proximité de la mer et du milieu maritime, cherchant souvent à se différencier eux-mêmes des autres "terriens", nombre d'entre eux cédaient àune tradition "d'encouragement" d'un secteur d'activité considéré comme important dans la vie de la localité ou de la région. Pourquoi le faire autrement qu'à travers les formes traditionnelles et plusieurs fois séculaires de la copropriété des navires 1 Economiques car très souvent acheter des quirats n'était pas un mauvais placement financier. En effet, compte tenu des modalités de répartition du produit de la pêche entre l'armement et l'équipage (19), les résultats d'exploitation étaient bon an mal an d'un rapport intéressant, comme ce fut le cas pendant les quinze années qui suivirent la Seconde Guerre mondiale. Aussi, nombreux dans les régions côtières et dans l'arrière pays de ces régions étaient les épargnants, petis et moyens, à prendre des