Dans un tel contexte, en effet, le marin entretient nécessairement, lorsqu'il est à terre, des contacts fréquents avec son quartier d'immatriculation et ce pour de multiples raisons : visites médicales périodiques, contrôle de sa situation militaire, visas d'embarquement, perception d'indemnités d'accident ou de maladie, etc.; lorsqu'il est en mer, sa femme ou d'autres membres de sa famille assurent, le cas échéant, le relais. Le "quartier", qu'il dénomme le plus souvent "la Marine" devient ainsi peu à peu partie intégrante de sa vie, de celle de son épouse, de ses camarades de travail. A l'inverse - et ce point n'est pas sans importance - ses contacts avec les administrations "terrestres" sont restreints, sinon inexistants. Son isolement par rapport à la société des "terriens", inhérent à ses conditions de vie, celui de sa famille, de son milieu de travail n'en sont-ils pas accrus ?
D'autre part, l'ouverture et la mise à jour permanente des fiches matriculaires (sans compter les fiches médicales, les livrets professionnels) impliquent de lourdes tâches matérielles pour l'administration et nécessitent l'emploi d'un personnel subalterne nombreux. L'adoption, par exemple en 1951, d'un système de fiches disposées dans des bacs métalliques, pour remplacer l'ancien système d'inscription (13) des marins sur d'énormes registres - où, un feuillet était attribué à chacun d'eux - n'a pu, à cette date, être menée partout à bonne fi : le simple travail de report des "services" des "inscrits" sur les nouvelles fiches s'est avéré en effet considérable... Ce fait n'a en soi rien d'étonnant quand on considère qu'actuellement l'administration doit gérer :
- d'une part, quarante-deux matricules groupant cent