- elle fournissait au Crédit Maritime Mutuel l'assiette financière qui lui manquait jusqu'alors. En effet, la Caisse Centrale de Crédit Coopératif, constituée par un décret-loi du 17 juin 1938 sous forme d'Union de sociétés coopératives et définie comme établissement de crédit à statut légal spécial, avait à l'origine pour objet d'organiser l'octroi de prêts d' équipement aux coopératives. Mais, très rapidement, bénéfi­ciant après la guerre d'avances de plus en plus importantes du Trésor Public, pour faire face notamment aux nécessités de la reconstruction, cet organisme devait prendre une importance économique grandissante, dépassant très largement son champ d' action. initial. Son intervention dans les opérations du Crédit Maritime Mutuel, officialisée par la loi mentionnée ci-dessus, ne pouvait donc que renforcer les bases financières de cette dernière institution en lui permettant de recourir à l'épargne publique et au marché de capitaux;

- mais en même temps, cette disposition législative plaçait les caisses régionales et les sociétés coopératives maritimes - celles du moins relevant de la loi du 4 décembre 1913 (44) - légalement sous la dépendance comptable, et en fait sous la dépendance économique et politique d'un organisme financier. En effet, bien que juridiquement sociétaires de cet organisme, ces caisses régionales et ces coopératives n'en étaient pas moins placées en situation hiérarchique inférieure; le volume très réduit de leurs capitaux propres, le fait que dorénavant les fonds publics transiteraient obligatoirement par la Caisse Centrale leur interdisaient à l' avenir toute politique indépendante. Effectivement, à partir de 1948, c'est la Caisse Centrale qui allait, de concert avec l'administration,

LES INSTITUTIONS DE LA PECHE MARITIME - HISTOIRE ET EVOLUTION - p.442