autorisés la reconversion professionnelle des nouveaux navigants - cette loi n'a pas d'effet rétroactif - devrait être facilitée par cette nouvelle disposition et rendre ainsi le recrutement plus aisé.
Cet exemple constitue un deuxième indice intéressant des répercussions, sur les institutions maritimes, de l'évolution générale : c'est parce qu'il y avait - par le biais de l'industrialisation en croissance - pression de la Société Globale, se traduisant ou risquant de se traduire par une désaffection corrélative des métiers de marin, que le législateur a fait sauter le verrou, longtemps maintenu fermé, du ghetto ma-ritime. On pourrait rapprocher cette modification de législation de la remise en cause actuelle de l'existence d'un régime particulier aux marins. Nombreuses en effet, depuis quelques années, se font les voix qui demandent l'abolition de ce régime qui n'aurait plus, à les en croire, de justification à une époque où les institutions de prévoyance - régime général de Sécurité Sociale et régimes complémentaires - se sont multipliés ; à l'appui de leur thèse, elles font valoir que le dé-ficit de l'E.N.I.M. constitue une charge intolérable pour le
Trésor Public. Mais précisément, ce déficit est partiellement dû à la diminution rapide du nombre des actifs par rapport aux pensionnés ; cette diminution des actifs elle-même est largement imputable à l'évolution technico-économique générale : au commerce, mise en service de navires d'un tonnage unitaire de plus en plus important, requérant, du fait de l'automatisation, des équipages de moins en moins nombreux ; à la pêche, diminution inéluctable, dans un Etat industrialisé, de la main-d'oeuvre employée dans le secteur primaire.