tives est dialectiquement liée la transformation des rapports de production au sens précis que nous avons donné à ce terme : appropriation des moyens de production, relations entre les propriétaires et les non-propriétaires des moyens de production. Il existe en effet une corrélation étroite entre le développement du machinisme, l'extension de la production et du marché et la concentration du capital, qui détermine progressivement un nouvel ordre économique au sein duquel les entreprises multinationales jouent un rôle prédominant. Ainsi, la civilisation industrielle occidentale n'est pas seulement définie par ses mutations techniques, mais aussi, selon une détermination réciproque, par une transformation des structures économiques caractérisée par le développement des firmes à dimension européenne ou mondiale, où s'interpénètrent capital bancaire et capital industriel. Dans ce jeu économique, l'Etat intervient de plus en plus directement (constitution de sociétés d'économie mixte, réglementation du crédit et des tarifs, subventions, ensemble de mesures destinées à favoriser la concentration,etc) et son rôle est renforcé ; mais, en même temps, l'Etat national perd progressivement une partie de ses prérogatives au profit d'organismes supra-nationaux de contrôle et de décision.
D'autre part, cette concentration industrielle ne peut se réaliser et ne se réalise effectivement que par l'expropriation du petit capital et d'une partie importante des petits propriétaires individuels (commerçants, artisans, paysans patrons-pêcheurs artisans,etc.) qui tendent à disparaître en tant que classe. Les secteurs de production, qui échappent momentanément à ce développement général du machinisme et de la concentration, ne prospèrent ou ne survivent le plus souvent