Si ces remarques sont fondées, il apparaît que non seulement le système juridique et institutionnel en place aura fourni pendant longtemps une main-d'oeuvre abondante à l'armement, mais que de surcroît, par la médiation de la sphère idéologique et culturelle idéologie communautaire de la Marine et habitus), il aura également contribué à la rendre docile, et cela en partie du fait des prérogatives étendues et multiples du patron de pêche et de l'administrateur de l'Inscription maritime, sans que le principal intéressé - l'armateur - ait lui-même à intervenir directement. Ce ne sont pas là, on en conviendra, minces avantages pour un employeur.

En définitive, il semble que l'on puisse raisonnablement concevoir, suivant l'hypothèse formulée au départ et sans préjuger des facteurs spécifiques relatifs à l'histoire môme du statut - en particulier sans préjuger du propre rôle de l'Administration (66) -,que l'armement, conscient des avan tages directs et indirects à lui procurés par le système admimistratif en vigueur, sachant en quelque sorte "réinterpréter" et utiliser à son profit non seulement une situation institutionnelle et réglementaire bien définie, mais l'idéologie même de la "Marine", a fortement contribué pendant longtemps au régime juridique de Mer, aussi longtemps du moins que l'état des forces productives lui permettait d' en retirer des avantages substantiels. Et ce n'est pas un hasard, mais preuve "a contrario" de ce qui vient d'être avancé si

LES INSTITUTIONS DE LA PECHE MARITIME - HISTOIRE ET EVOLUTION - p.352