par classes des matelots. Mais le mérite allait revenir à Colbert, par une série de textes dont le premier en date sera l'ordonnance du 22 septembre 1668, d'institutionnaliser le système en s'efforçant de plus de le rationaliser et de le rendre attrayant...
D'après l'Edit de Nancy (22 sept. 1673), les Gens de Mer se trouvaient répartis en trois, quatre ou cinq classes suivant les lieux et les besoins des armements. Chaque année, il y avait, par roulement, levée en masse d'une classe et les matelots "de service" restaient à la disposition du roi qui les embarquait sur ses navires, ou, s'il n'en avait pas besoin, les laissait dans leur foyer sous réserve qu'ils ne s'en écartassent pas. Dans ce dernier cas, ils étaient autorisés à pratiquer la pêche côtière et recevaient la "demi-solde" de cinq sous par jour.
Le "rôle" sur lequel étaient inscrits tous les "pilotes, maîtres, premiers maîtres et autres officiers, canonniers, charpentiers, marins et gens de mer des provinces maritimes", constituait administrativement la base du système. Les "Gens de Mer", même s'ils ne gagnaient plus leur vie de la mer, devaient se présenter aux "commissaires aux classes" chargés de dresser l'inventaire ; ces derniers, pour remplir leur tâche, étaient en droit d'utiliser les livres des paroisses, les listes des tailles etc. Une fois formé, le rôle était donc divisé en classes, et les prêtres, pour alerter les marins de service, devaient le lire et l'afficher après la messe. Il y avait punition de mort pour ceux qui ne se présentaient pas ou qui désertaient.