nier suivant la longueur du filet possédé, celui qui embarquait les mains nues ne recevant qu'une "demi-part" (11) ; de manière générale, on peut constater que tout au cours de l'histoire, comme le chapitre historique en a administré la preuve, la lo gique même du système va entraîner une distribution de parts de plus en plus substantielles aux porteurs de capitaux. En effet, c'est sur le montant des ventes que propriétaires des navires et des engins de pêche se rembourseront des investissements ou des avances consentis aux pêcheurs, mais ils le feront, signale déjà M. E. Dardel, de façon assez libre et de leur seule autorité. Dans ces conditions, on peut déjà subodorer que l'introduction, dans le secteur de la pêche, de capitaux importants aux mains de quelques-uns n'a pas peu contribué à constituer entre les individus intéressés aux résultats de l'expédition maritime (armateurs - pêcheurs) un rapport de force très inégal, dont les conséquences se sont fait sentir sur les règles de partage. En raison de leur influence prépondérante à la production - influence accrue par le fait qu'ils contrôlent également, de plus en plus souvent à la grande pêche et à la pêche hauturière, la distribution et la commercialisation du poisson pêché - les possesseurs du capital, partie, en présence la plus forte, face aux pêcheurs, n'ont-ils pas eu en effet, et n'auront-ils pas tendance,à faire supporter aux plus faibles les risques et les aléas de l'activité de cueillette ? Quoi qu'il en soit, il est en tout cas remarquable de constater que les détenteurs terriens du capital à la pêche se sont insérés, sans le mettre en cause (12), dans un système traditionnel, peut-être justifié au sein d'un groupe homogène, mais qu'aurait dû faire éclater la pénétration d'un capitalisme