de la navigation, et en accord avec l'armement, la direction de la pêche". Une réglementation similaire existe dans la majorité des ports.
De cette réglementation, il résulte que pendant longtemps, jusqu'aux années récentes, les marins-pêcheurs ont pu,à juste titre semble-t-il, craindre leur congédiement, d'autorité et sans garantie, et que leur comportement de soumission aux ordres, qui caractérise leurs attitudes à bord,est aisément explicable dans un tel contexte. Une évolution se fait jour cependant depuis quelques années dans certains ports, à Boulogne-sur-Mer notamment, où l'article 2 des conditions d'engagement des équipages précise qu'après dix-huit mois consécutifs de présence dans une maison d'armement et de navigation effective sur un ou plusieurs chalutiers appartenant au même propriétaire, le marin est titularisé d'office", ce qui entraîne "en cas de départ volontaire ou de congédiement, préavis obligatoire et réciproque d'un mois" ; ce délai est porté à deux mois si le temps de présence dans la même maison d'armement a été égal ou supérieur à deux ans (il est seulement de quarante-huit heures pour les marins non titularisés). Mais de telles mesures de stabilisation sont encore rares dans la plupart des ports ; en outre, la "rupture abusive" du contrat de travail, du fait du capitaine,est difficile à prouver et de manière générale la dépendance à la fois réglementaire et psychologique des équipages vis-à-vis du capitaine demeure très grande. Il est permis toutefois de se demander, en conclusion,si les exigences des patrons, la réputation de dureté qui leur est souvent faite, ne sont pas largement imputables à la précarité même de leur propre statut.