effet que le rapporteur d'une campagne de surveillance à la grande pêche (4-) note qu'en dépit de la loi du 17 avril 1907 sur la sécurité et l'hygiène des navires, l'armement se trouve toujours et gravement en défaut" en ce domaine. De même, participant à "une croisière d'assistance aux pêcheurs de morue", en 19379 le Dr E.R. Jousset (5) remarque avec surprise que les conditions d'hygiène et de travail des Terre-Neuves demeurent aussi déplorables qu'elles pouvaient l'être cinquante années auparavant ; l'espace disponible sur le navire étant avant tout réservé à l'empilement des prises, les hommes ne disposent pour vivre que d'étroits réduits occupés par des paillasses, "d'ailleurs toujours gorgées d'humidité" (6) ; de toute la campagne, certains ne quittent ni leurs vêtements, ni leurs bottes trempées ; la nourriture est incroyablement monotone et se compose le plus souvent de parties de morues dédaignées par le commerce. En outre, les hommes sont astreints à des horaires de travail harassants : seize à vingt heures par jour. Dans un tel contexte, il n'est pas étonnant que le Dr Jousset relève un nombre inquiétant de maladies et d'accidents parmi les équipages : phlegmons, panaris dus aux piqûres d'hameçons; grands traumatismes des membres, causés par les chutes de mâture ou les paquets d'eau ; hernies volumineuses ; hémorragies cérébrales chez les hommes âgés, surpris par le froid après ingestion d'alcool ; rhumatismes articulaires et musculaires, affections des voies respiratoires ; troubles gastro-hépatique, surtout en fin de campagne, intoxications alimentaires dues à l'usage de conserves altérées ou de poissons avariés, état lamentable de la dentition etc. A ces maux s'en ajoutent deux autres, à l'origine,selon le Dr Jousset, puis le Dr Tarlé